Journée d’observation en Hollande
(Noordholland-Zuidholland-Zeeland)
le 20 février 2007 rapport réalisé par Thierry
Nous sommes partis, Dominique et moi, à 4h30 du matin pour effectuer
un trajet de 325 km qui va durer un peu moins de 4 heures de route.
L’ambiance est à l’excitation. Nous allons observer
pour la première fois un robin à flancs roux. C’est
un petit oiseau de la famille du rouge gorge qui niche en Sibérie.
Ce n’est pas un oiseau commun. C’est un mâle juvénile
qui avec le printemps est occupé à revêtir son bel
habit bleuté souligné par une doublure de plume rousse
sur les côtés. C’est la première fois qu’un
oiseau de cette espèce hiverne chez nous. Les discussions dans
la voiture vont bon train.
La traversée de Rotterdam se passe sans problème. Mais
cela coince sur l’autoroute qui nous mène vers Zandvoort.
Déjà le soleil se lève et les routes sont saturées
de véhicules qui partent sur le chemin de l’école
ou du travail. La traversée de plusieurs agglomérations
nous enchante par le contraste avec notre végétation.
Déjà des parterres de jonquilles, de narcisses et de tulipes
même fleurissent les abords des routes.
Le spot (lieu où présent l’oiseau) est le captage
d’eau potable pour la ville d’Amsterdam. Nous avons la localisation
sur la carte. Nous nous dirigeons vers le point de rencontre en entrant
dans le domaine. Des dizaines d’espèces d’oiseaux
se laissent observer ou entendre. Nous sommes surpris par une troupe
de daims qui broutent à proximité du chemin. Un râle
d’eau émet son cri de cochon qu’on égorge.
Un ornithologue est présent mais de l’autre côté
d’un grillage. Après avoir essayer de découvrir
l’oiseau dans la végétation, nous nous décidons
de rejoindre l’observateur car il a l’air d’attendre
fermement devant un buisson. Il faut enjamber la clôture. Sur
celle-ci, un panneau indique « verboten toegang ». Je vous
laisse traduire. Nous nous promenions sur une propriété
privée. L’ornithologue cherche également le robin
à flancs roux. Il ne l’a pas encore découvert. Nous
cherchons chacun de son côté. Enfin l’oiseau se laisse
observer. Il se laisse approcher à moins de 5 mètres.
C’est du pur bonheur. Notre aventure ne fait que commencer.
Nous empruntons maintenant des chemins bucoliques. Ce qui nous fait
rire est la signalisation très présente comme par exemple
ce tournant à angle droit est annoncé des centaines de
mètres à l’avance avec une demande de ralentissement
à 30 km/h dans le virage. Il faut absolument respecter les limitations
de vitesse car des caméras sont disposées partout où
il y a danger.
La deuxième étape est Katwijk. Deux bruants nains nous
attendent peut-être. Nous sommes à l’endroit précis
mais les deux oiseaux ne sont pas là. Seuls, quelques bruants
des roseaux se laissent observer.
La route est encore longue. Notre prochaine étape est Korendijkse
slikke où un pygargue à queue blanche et surtout une dizaine
d’oies naines sont présentes.
Nous contournons Rotterdam et notre route passe à proximité
d’un plan d’eau où un garrot albéole a élu
domicile pour l’hiver. C’est un oiseau d’origine Nord
Américaine. Nous trouvons non sans mal l’endroit car nous
étions perplexes par rapport à la situation. Le plan d’eau
se trouve en pleine zone résidentielle. Nous avons l’impression
d’observer un oiseau exotique dans un parc public. D’après
les spécialistes, l’oiseau est d’origine sauvage.
C’est un très beau canard plongeur noir et blanc. Il peut
rester sous l’eau plus de quarante secondes. Nous quittons la
banlieue de Rotterdam pour continuer notre périple.
Korendijkse est aussi un endroit que l’on ne connaît pas.
Quelques centaines d’oies cendrées se laissent observer
ainsi que des chevaliers, des bécasseaux, des vanneaux et des
pluviers. Les oiseaux sont très éloignés de la
digue où nous nous trouvons. Une troupe d’oies se dirigent
vers nous pour se poser à quelques centaines de mètres
de notre voiture. Déjà en vol, nous avions découvert
qu’il s’agissait des 16 oies naines présent depuis
le week-end. Comme leur nom l’indique, ce sont de petites oies
brunes ressemblant à une oie rieuse et dont le front blanc remonte
jusqu’au sommet de la tête. Le cercle orbital de couleur
or confirme notre observation. Une petite dizaine de grandes aigrettes
circulent sur le polder. Pas de pygargue à l’horizon.
Nous nous approchons de la Zélande. Hellengatplein est longé
par une route rapide. Deux flamants roses se nourrissent dans la lagune.
Nous prenons une seconde pour les observer car nous ne pouvons rester
garer sur la bande des pneus crevés.
Prunjepolder est l’endroit mythique pour les ornithologues. Le
soleil descend vers l’horizon. Je peux vous avouer que je n’ai
jamais vu une concentration d’oiseaux aussi grande sur quelques
hectares. Des milliers de bernaches nonnettes et cravants se nourrissent
dans les prairies avoisinantes. Sur les bancs de sable au milieu de
la réserve, ce sont des dizaines d’espèces qui se
reposent ou se nourrissent. Tout à coup, pris de panique, les
oiseaux s’élèvent dans le ciel. Les bernaches cravants
accompagnées de la sous espèces nigricans nous passent
par dessus dans une cacophonie de cris divers. Nous supposons qu’elle
s’y trouve car elle est présente dans la troupe depuis
quelques semaines. Des milliers d’oiseaux volent par paquet compact
ne formant d’une unité. Nous avons plein les yeux. Impossible
de compter, nous admirons le balais incessant de ces volatiles qui dessinent
des arabesques dans le ciel. Putain que c’est beau !!!!
Mais déjà, notre voyage nous entraîne vers d’autres
horizons où d’autres spectacles nous attendent.
Brouwersdam nous attend avec ses surprises. Nous observons en mer. Quelques
phoques sont fidèles au rendez-vous.
Des plongeons arctiques et catmarins sont posés sur la mer. Une
harelde boréale mâle se laisse observer entre les garrots
à œil d’or et les harles huppés. Sa longue
queue pointe vers l’horizon pour nous dire que la journée
se termine. Des bécasseaux violets, maubèches et variables
sont posés sur la digue accompagnés des grands gravelots
et à collier interrompu. Nous essayons d’apercevoir le
plongeon imbrin dans les derniers flots de lumière que laisse
entrer la longue-vue mais c’est déjà trop tard.
Il est temps de rentrer dans nos pénates avec des images plein
la tête.