Février 2007

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A la découverte de l'hellébore fétide

L'Hellébore fétide est une plante connue sous plusieurs noms comme le pied de griffon, la rose de serpent, la patte d'ours, le mors-cheval, le pain de couleuvre, le favalou, ou encore l'herbe au séton.
Une des significations avancées pour son nom a le mérite d'être claire : " je tue celui qui me mange ". Du grec "bore" nourriture et "helein" qui tue.
Une autre origine avancée viendrait de l'origine sémitique du mot : "hélibar" remède contre la folie.
Le nom d'espèce vient du latin foetidus "fétide" pour l'odeur désagréable dégagée par ses feuilles quand on les froisse.

L'Hellébore est une plante vivace et toxique qui mesure de 30 à 60 centimètres de hauteur et qui fleurit de février à avril suivant les années.
Elle est fréquente chez nous et nous pouvons la rencontrer en forêt, dans les bosquets et en bordure des chemins tant que le sous-sol est calcaire. L'espèce est répandue en Fagne-Famenne et en Gaume-Lorraine mais est absente ailleurs où le sous-sol non calcaire ne lui convient pas.

Propriétés médicinales et utilisations anciennes.

Dans l'Antiquité, on lui attribuait le pouvoir de guérir la folie.
Dans la fable "Le lièvre et la tortue", le lièvre conseille à la tortue : "ma commère, il vous faut purger avec quatre grains d'ellébore".
Ce qui veut dire qu'il la croit folle (le grain est une mesure de poids qui pèse 0,0532 grammes)
Dans ses livres, Hippocrate rapporte l’utilisation de préparations médicinales, mais celles-ci ne semblent pas avoir été utilisées comme analgésiques. L’hellébore et l’oxyglyky, données avant réduction des fractures, visaient probablement davantage à prévenir la gangrène que la douleur.
On l'a aussi utilisée quand un animal était malade et qu'on n'en trouvait pas la cause. En dernier ressort on pratiquait une incision sous la peau de la queue (du fanon ou des côtes) et on y glissait un morceau de tige entouré d'un fil de laine qu'on laissait dépasser. La plaie suppurait et agissait comme un abcès de fixation, stimulant les défenses de l'organisme. Le " séton " (du latin seta : soie) était une pratique très populaire. Au début du printemps, quand les bêtes retrouvaient la liberté et abusaient des jeunes pousses de luzerne et de l'herbe tendre, au risque de " devenir gonfles ", on leur confectionnait un " bridel " : un mors de tige d'hellébore (ou de genêt) maintenu par une cordelette nouée sous le museau ou derrière les oreilles. L'animal parvenait par contraction vomitive à chasser les gaz intestinaux.
La racine était employée autrefois comme vermifuge pour les animaux avant d'être considérée comme dangereuse.

Elle contient de l’helléborine qui paralyse le système nerveux (désensibilise) et de l’helléboréine qui agit sur le cœur (cardiotonique).
Le rhizome est un purgatif dangereux.

Toxicité de l'hellébore

Tous les hellébores sont vénéneux.
Leurs feuilles et leurs fleurs contiennent deux alcaloïdes qui sont de violents poisons.
La racine fraîche fait rougir la peau. Son ingestion est très dangereuse et provoque des vertiges, des vomissements et des crampes. Elle entraîne aussi la mort

Particularité

Elle était suspendue en bouquets dans les étables et les bergeries pour éloigner la maladie.