A la découverte de l'hellébore
fétide

L'Hellébore fétide est une plante connue sous plusieurs
noms comme le pied de griffon, la rose de serpent, la patte d'ours,
le mors-cheval, le pain de couleuvre, le favalou, ou encore l'herbe
au séton.
Une des significations avancées pour son nom a le mérite
d'être claire : " je tue celui qui me mange ". Du grec
"bore" nourriture et "helein" qui tue.
Une autre origine avancée viendrait de l'origine sémitique
du mot : "hélibar" remède contre la folie.
Le nom d'espèce vient du latin foetidus "fétide"
pour l'odeur désagréable dégagée par ses
feuilles quand on les froisse.
L'Hellébore est une plante vivace et toxique qui mesure de 30
à 60 centimètres de hauteur et qui fleurit de février
à avril suivant les années.
Elle est fréquente chez nous et nous pouvons la rencontrer en
forêt, dans les bosquets et en bordure des chemins tant que le
sous-sol est calcaire. L'espèce est répandue en Fagne-Famenne
et en Gaume-Lorraine mais est absente ailleurs où le sous-sol
non calcaire ne lui convient pas.
Propriétés médicinales et utilisations
anciennes.
Dans l'Antiquité, on lui attribuait le pouvoir de guérir
la folie.
Dans la fable "Le lièvre et la tortue", le lièvre
conseille à la tortue : "ma commère, il vous faut
purger avec quatre grains d'ellébore".
Ce qui veut dire qu'il la croit folle (le grain est une mesure de poids
qui pèse 0,0532 grammes)
Dans ses livres, Hippocrate rapporte l’utilisation de préparations
médicinales, mais celles-ci ne semblent pas avoir été
utilisées comme analgésiques. L’hellébore
et l’oxyglyky, données avant réduction des fractures,
visaient probablement davantage à prévenir la gangrène
que la douleur.
On l'a aussi utilisée quand un animal était malade et
qu'on n'en trouvait pas la cause. En dernier ressort on pratiquait une
incision sous la peau de la queue (du fanon ou des côtes) et on
y glissait un morceau de tige entouré d'un fil de laine qu'on
laissait dépasser. La plaie suppurait et agissait comme un abcès
de fixation, stimulant les défenses de l'organisme. Le "
séton " (du latin seta : soie) était une pratique
très populaire. Au début du printemps, quand les bêtes
retrouvaient la liberté et abusaient des jeunes pousses de luzerne
et de l'herbe tendre, au risque de " devenir gonfles ", on
leur confectionnait un " bridel " : un mors de tige d'hellébore
(ou de genêt) maintenu par une cordelette nouée sous le
museau ou derrière les oreilles. L'animal parvenait par contraction
vomitive à chasser les gaz intestinaux.
La racine était employée autrefois comme vermifuge pour
les animaux avant d'être considérée comme dangereuse.
Elle contient de l’helléborine qui paralyse le système
nerveux (désensibilise) et de l’helléboréine
qui agit sur le cœur (cardiotonique).
Le rhizome est un purgatif dangereux.
Toxicité de l'hellébore
Tous les hellébores sont vénéneux.
Leurs feuilles et leurs fleurs contiennent deux alcaloïdes qui
sont de violents poisons.
La racine fraîche fait rougir la peau. Son ingestion est très
dangereuse et provoque des vertiges, des vomissements et des crampes.
Elle entraîne aussi la mort
Particularité
Elle était suspendue en bouquets dans les étables et
les bergeries pour éloigner la maladie.